Clôture du 9ᵉ Cycle de formation Norbert Kenne à Cotonou : 20 défenseurs africains des droits humains formés sur l’interdit de la torture ont reçu leur certificat de participation
La 9ᵉ édition du Cycle Biennal Norbert Kenne de formation francophone des défenseurs des droits humains s’est achevée le jeudi 10 septembre 2026 à Cotonou. Portée par l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture(ACAT-Bénin) et la Fédération Internationale des ACAT (FIACAT), avec l’appui académique de la Chaire UNESCO de l’Université catholique de Lyon et le soutien institutionnel de l’Agence française de développement (AFD) et de la Délégation de l’Union européenne (UE), cette initiative a permis à vingt participants venus de dix pays d’Afrique francophone de recevoir leurs certificats, consacrant un parcours de plus d’un an dédié à la lutte contre la torture et les traitements cruels,
Lancé le 1er septembre 2025 à Grand-Popo (Bénin), ce cycle placé sous le thème « Renforcer l’impact de la société civile francophone sur l’interdit de la torture » a permis aux participants de développer des projets dans leurs pays respectifs. La session finale, organisée du 7 au 10 septembre à Cotonou, par l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, a été consacrée au suivi et à la capitalisation: partage des résultats, des difficultés rencontrées et des enseignements tirés, ainsi qu’un approfondissement des connaissances à travers des modules complémentaires.

Pacôme Akogou, président de l’ACAT-Bénin (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, ONG engagée contre la torture et la peine de mort), a rappelé que « la lutte contre la torture exige des acteurs formés, courageux, responsables et solidaires ». Pour lui, le certificat remis n’est pas une fin mais un appel à poursuivre l’engagement.

Au nom de la Commission béninoise des droits de l’homme (CBDH), Sabine Toungakouagou Sama a insisté sur le rôle de la sous-commission chargée de la prévention de la torture : « Le certificat n’est qu’un simple papier. Sa valeur dépendra du courage et de la volonté de ceux qui le portent ».

Le Prof Roger Koudé, titulaire de la Chaire UNESCO de l’Université catholique de Lyon, a salué l’engagement de l’ACAT-Bénin, de la FIACAT (Fédération Internationale des ACAT, réseau regroupant plus de 30 pays pour coordonner la lutte contre la torture et la peine de mort) et des partenaires financiers. Il a souligné que le cycle Norbert Kenne constitue une réponse africaine aux problématiques africaines des droits humains, invitant les bénéficiaires à s’appuyer sur le réseau constitué pour transmettre leurs acquis.

Fier des résultats atteints, Guillaume Colin, directeur exécutif de la FIACAT, a relevé l’évolution de plusieurs participants dans leurs organisations: certains ont accédé à de nouvelles responsabilités, d’autres ont renforcé la documentation des actes de torture et la collaboration avec les Nations unies.Wenceslas Assohou, délégué de la FIACAT, a rappelé que près de 300 leaders africains ont déjà été formés dans le cadre du cycle, exhortant les nouveaux diplômés à « porter haut le flambeau des droits humains ».

Témoignages des bénéficiaires

Cette montée en compétences s’est traduite par des trajectoires personnelles marquantes. Dorlica Rarikingar, participante du Tchad, raconte : « Je suis vraiment reconnaissante, débordée de joie aujourd’hui quand je vous parle en tant que trésorière adjointe de l’ACAT-Tchad, une grande organisation de la société civile tchadienne. Ces connaissances, on va les partager avec tous les défenseurs d’Afrique centrale ». Portant la voix de la cohorte, Ismaël Gnaon a décrit la transformation des 20 participants venus de dix pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Niger, RDC, Sénégal, Tchad, Togo) en une véritable « famille FNK 2025-2026 ». Évoquant le contexte difficile du rétrécissement de l’espace civique, il a conclu sur une note d’espoir : « La défense des droits humains n’est pas un simple métier, elle est un sacerdoce. Nous sommes prêts à aller au large, là où les vagues sont déchaînées, pour porter vaillamment la bonne nouvelle des droits humains ».

La cérémonie a été rehaussée par la présence de Mellavuo Bonnet (Agence française de développement) et de Muriel Abikou (Délégation de l’Union européenne). Tous deux ont réaffirmé le soutien de leurs institutions à la lutte contre la torture et à la promotion de la dignité humaine. « L’Union européenne reste à vos côtés dans vos luttes », a déclaré Muriel Abikou.

Satisfait du succès qu’ a connu ce cycle, le Pr Roger Koudé a exprimé le souhait que le 10ᵉ cycle (2027-2028) puisse à nouveau être organisé au Bénin.


Assiba Juliette

