Réunion institutionnelle du REAGIRE : Renforcer le combat pour la santé menstruelle et la dignité des femmes au Bénin

Réunion institutionnelle du REAGIRE : Renforcer le combat pour la santé menstruelle et la dignité des femmes au Bénin

Le Réseau d’Informations, d’Échanges et d’Appui aux Acteurs des secteurs Eau, Hygiène, Assainissement et GIRE (REAGIRE), coanimé par le Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin) et le Programme Solidarité Eau (pS-Eau), a organisé, ce mercredi 2 septembre 2026, une réunion institutionnelle consacrée à la Gestion de l’hygiène menstruelle (GHM) dans les lieux publics. Les travaux se sont déroulés à Sun beach hôtel à Cotonou.

Depuis sa création, le REAGIRE s’impose comme un espace de référence pour les échanges entre acteurs du secteur. La rencontre de ce mercredi a rassemblé une diversité d’acteurs institutionnels, techniques, financiers, fondation et organisation de la société civile y compris les médias avec pour objectif d’inscrire durablement la Gestion de l’Hygiène Menstruelle (GHM) dans les politiques publiques et de favoriser l’inclusion des femmes dans la mise en place des infrastructures. L’activité s’inscrit dans le nouveau plan d’actions du réseau et intervient à un moment stratégique, alors que la Politique Nationale d’Hygiène et d’Assainissement (PNHA) est en cours d’évaluation. Le thème retenu pour cette journée s’intitule : « Santé et dignité menstruelles dans les lieux publics au Bénin : comment intégrer durablement les besoins spécifiques des femmes dans les politiques, les infrastructures et les services Eau-Hygiène-Assainissement (EAH) ? ». Un thème évocateur qui traduit la volonté des acteurs de replacer la dignité des femmes au centre des politiques publiques.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le Président du PNE-Bénin,Rachad Alimi rappelle avec force : « Concevoir un bloc sanitaire public sans eau courante, sans dispositif d’intimité, sans espaces d’élimination ou de lavage sécurisés, ce n’est pas seulement commettre une erreur d’ingénierie. C’est porter atteinte à la dignité des jeunes filles et des femmes. » Il ajoute que «la santé menstruelle n’est ni une faveur ni un sujet marginal, mais bien une question majeure de droits humains, de santé publique et de justice sociale», et invite tous les acteurs du secteur à travailler davantage pour la prise en compte effective de la GHM dans les espaces publics.

Philippe Mouton, chargé de projet et référent Bénin au pS-Eau/ France, abonde dans le même sens, soulignant le lien indissociable entre l’eau, l’assainissement et la santé menstruelle. Dans son allocution,il insiste sur la nécessité de mettre en place des infrastructures adaptées, des matériels adéquats et de mener des campagnes d’éducation inclusives. Chers participants et acteurs, je nous exhorte à renforcer le plaidoyer afin d’amener l’État à « prioriser davantage la GHM dans les politiques publiques » déclare Philippe Mouton.

De son côté, Pie Djivoh, représentant du Directeur général du développement urbain (DGDU), salue la volonté politique déjà exprimée par l’État à travers la loi sur l’hygiène publique, qui prévoit des dispositions claires pour gérer la question de l’hygiène menstruelle. Il a également mis en lumière les défis persistants notamment des infrastructures inadaptées, le manque d’intimité, l’absence d’eau et de savon dans les toilettes publiques, ainsi que les tabous sociaux qui freinent la pleine participation des femmes.

La journée s’est articulée autour de trois panels complémentaires. Le premier a dressé l’état des lieux des législations, politiques, stratégies et dispositifs institutionnels en vigueur au Bénin en matière de prise en compte de l’hygiène menstruelle dans les lieux publics. Le deuxième est un partage des expériences concrètes d’ONG et d’acteurs de terrain sur les approches déployées pour améliorer la gestion de l’hygiène menstruelle dans certains espaces publics du département de l’Ouémé, et les résultats du plaidoyer conduit par le CANEA pour des infrastructures inclusives. Enfin, le troisième panel a permis d’identifier des pistes de recommandations opérationnelles à porter auprès des décideurs et dans les programmes EHA, en vue de renforcer l’application effective du droit à la santé menstruelle.

Après les panels, des débats nourris ont permis aux participants de croiser leurs perspectives et d’approfondir les enjeux.Parmi les recommandations phares figure la prise de textes d’application afin de rendre effective la loi N°2O22-04 du 16 février 2022 sur l’hygiène publique en République du Bénin et garantir son impact concret dans les lieux publics.

Les impressions recueillies auprès des participants et des organisateurs, à la fin de la journée, témoignent d’une réelle satisfaction. Tous ont salué la pertinence des échanges, la richesse des expériences partagées et la volonté commune de faire avancer le plaidoyer pour une meilleure prise en compte de la santé menstruelle dans les politiques publiques. Invitant les acteurs à maintenir la veille,le Président du PNE-Bénin lance un message fort à tous.« Puisse cette journée de travail enrichir nos réflexions et concrétiser notre ambition commune, celle d’un Bénin où chaque femme et chaque fille peut vivre ses menstruations dans la sécurité, la salubrité et la dignité, où qu’elle se trouve » Conclu Rachad Alimi.

Assiba Juliette

Assiba MITONHOUN

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