MFAS : des acteurs intersectoriels formés pour le renseignement des VBG-FT dans le SIDoFFE-NG dès 2027
Les 22 et 23 septembre 2026, à Bohicon, le Ministère de la famille et de l’action sociale (Mfas) à travers l’Observatoire de la Famille et de l’Action Sociale (Ofas) a organisé, avec le financement de l’UNFPA, un atelier de formation des acteurs intersectoriels de la chaîne de protection. Cette rencontre a permis de les former sur la détection, la collecte et le renseignement des indicateurs des Violences Basées sur le Genre facilitées par la Technologie (VBG-FT), en vue de leur intégration dans le Système Intégré de Données relatives à la Famille, la Femme et l’Enfant de Nouvelle Génération (SIDoFFE-NG à partir de 2027.
Pour cette phase pilote, les participants proviennent exclusivement du département du Zou. On note la présence des points focaux SIDoFFE-NG, des Chefs de section Genre des Guichets uniques de protection sociale (Gups), des commissaires de la Police Républicaine,des agents du Centre national d’investigations numériques (Cnin), des travailleurs sociaux, des responsables des services de protection et de prise en charge et des représentants des organisations de la société civile. Un choix stratégique d’acteurs de première ligne, au contact direct des victimes et de leurs réalités.

Pendant deux jours, les travaux ont été meublés par des communications thématiques approfondies, des études de cas pratiques, des travaux de groupe, des restitutions en plénière et des débats nourris. Les échanges ont permis de déconstruire les préjugés autour des violences numériques, souvent banalisées ou confondues avec de simples conflits en ligne, alors qu’elles produisent des traumatismes réels, une atteinte à la dignité et parfois une exclusion sociale.
C’est Mme Sylvie Flora Houndjrebo Ballé, Présidente du Conseil d’administration de l’Ofas, qui au nom de Madame la Ministre Véronique Tognifodé, a officiellement ouvert les travaux, en présence du Directeur Général de l’Ofas, Dr Nassirou Kassoumou Hararou et de M. Cyrille Léonel Akalogoun, représentant la Directrice départementale de la Famille et de l’action sociale du Zou.

Dans son discours d’ouverture, Mme Houndjrebo Ballé a rappelé que si les technologies numériques offrent d’importantes opportunités en matière d’information, d’éducation et d’autonomisation économique, elles créent également de nouveaux espaces pour commettre, amplifier et perpétuer les violences basées sur le genre. Harcèlement en ligne, diffusion non consentie d’images intimes, chantage, usurpation d’identité, cyberharcèlement sont autant de formes qui touchent majoritairement les femmes et les jeunes filles. Elle a insisté sur le fait que la base de données SIDoFFE-NG est l’outil de référence nationale, mais que sa performance et sa crédibilité dépendent avant tout de la qualité, de l’exhaustivité et de la fiabilité des informations recueillies sur le terrain, dans le respect strict de la confidentialité, de la dignité et du consentement des survivantes.

À sa suite, Cyrille Léonel Akalogoun, au nom de la Directrice Départementale, a salué les organisateurs pour le choix porté sur le département du Zou pour abriter cette phase pilote. Un choix qu’il qualifie de judicieux et d’honneur au regard de l’engagement des acteurs locaux, du dynamisme du réseau de protection et des défis liés à la montée des violences numériques dans le département. Remerciant l’Ofas pour cette marque de considération, il a invité les participants à faire preuve d’assiduité et de rigueur pour mériter cette confiance et servir de modèle pour le déploiement national.

Prenant la parole pour rappeler les objectifs de l’atelier et les attentes de l’observatoire, le Directeur Général de l’Ofas, Dr Nassirou Kassoumou Hararou, a souligné la détermination de Madame la Ministre Véronique Tognifodé à faire aboutir ce processus d’intégration des VBG-FT dans le SIDoFFE-NG. Pour lui, cette volonté politique traduit l’engagement du Ministère à ne laisser aucune forme de violence dans l’ombre et à adapter en permanence les outils de collecte aux nouvelles réalités du numérique pour une meilleure visibilité des violences faites aux femmes et aux filles.

Ce qui n’est pas compté, a-t-il martelé, ne compte pas dans les politiques publiques. C’est pourquoi, a-t-il précisé, au terme de la formation, l’Ofas attend des participants qu’ils soient désormais capables de définir clairement une Vbg facilitée par la technologie, de reconnaître ses principales formes et manifestations, d’identifier les indices révélateurs parfois subtils lors de l’accueil d’une victime, de distinguer avec discernement une violence classique d’une violence avec composante technologique, de qualifier la forme principale de violence et le moyen technologique utilisé et surtout de renseigner correctement et sans erreur les données dans le SIDoFFE-NG.

À la clôture de l’atelier ce 23 septembre, le DOfas s’est réjoui du déroulement des travaux. Il a déclaré que les attentes ont largement dépassé l’espérance au regard de l’implication active, de la qualité des contributions et de l’intérêt soutenu des participants durant les deux jours. Il a remercié l’ensemble des participants pour leur disponibilité et leur engagement ainsi que l’Unfpa pour son appui financier et technique constant sans lequel cette activité n’aurait pu se tenir.
De leur côté, les participants ont exprimé leur satisfaction et ont pris l’engagement de devenir des relais et des formateurs dans leurs structures respectives. Ils entendent former à leur tour, leurs collègues des Gups, des commissariats et des centres de prise en charge pour une large diffusion des connaissances acquises et surtout pour une meilleure complétude des données dans le SIDoFFE-NG.
Cette activité, financée par l’Unfpa , fait suite à l’atelier de stabilisation des indicateurs liés aux VBG-FT tenu précédemment et s’inscrit dans la continuité des séances de dissémination organisées dans le Zou.une semaine plus tôt
Assiba Juliette

