Mise en place et renforcement de capacités du Réseau Régional de Parlementaires du bassin de la Volta: le GWP-AO promeut une gouvernance solidaire de l’eau en Afrique de l’Ouest
Le Partenariat Mondial de l’Eau pour l’Afrique de l’Ouest (GWP-AO), en collaboration avec l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) et avec l’appui de partenaires techniques et financiers tels que l’UICN, le PNUD et le Fonds pour l’Environnement Mondial, a organisé du 25 au 27 août 2026 un atelier régional de mise en place et de renforcement des capacités du Réseau Régional de Parlementaires du bassin de la Volta. La rencontre s’est tenue au Bénin Royal Hôtel de Cotonou, avec la participation de parlementaires, d’experts et de cadres du secteur de l’eau venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Togo et du Bénin.Un réseau parlementaire pour une gouvernance solidaire de l’eau.
Après Bamako où les premières bases juridiques ont été posées, le Réseau Régional de Parlementaires du bassin de la Volta a officiellement vu le jour à Cotonou. C’est à la faveur d’un atelier régional de mise en place et de renforcement de capacités organisé par le GWP-AO et ses partenaires. Cette initiative inscrite dans le projet REWarD-Volta River Basin (« Inverser les tendances de la dégradation des écosystèmes et des ressources en eau dans le bassin de la Volta »), vise à donner une légitimité démocratique aux décisions liées à l’eau dans les six pays riverains du bassin de la Volta.
Le bassin de la Volta, d’une superficie de près de 400 000 km² et long de 1 850 km, constitue une ressource vitale pour plus de 35 millions de personnes. Il alimente l’agriculture irriguée, l’élevage transhumant, la pêche, l’eau potable des villes en expansion et la production d’électricité grâce aux barrages hydroélectriques. Mais il est aussi marqué par des sécheresses prolongées, des crues violentes, la pollution et la destruction d’écosystèmes. Ces défis transfrontaliers rappellent l’urgence d’une gouvernance solidaire entre les six pays qui le partagent.
Dans son allocution, Amadou Lamine NDIAYE, Secrétaire exécutif du GWP-AO, a insisté sur la portée politique de la gestion de l’eau :« L’eau n’est pas seulement une question technique. Elle est pouvoir, paix ou conflit, récolte ou famine. Sans portage politique, aucune politique de l’eau, aussi bien conçue soit-elle, ne survit ».Il a rappelé que les bases juridiques du réseau avaient commencé à être posées en juillet dernier à Bamako, et a exhorté les parlementaires à assumer leur responsabilité:« Sans vous, la gouvernance de l’eau reste orpheline de sa légitimité démocratique. Votre mission est de transformer ce qui ailleurs a dégénéré en incompréhension, en un modèle africain de coopération transfrontalière et de développement au service de nos peuples ».

Pour Dibi MILLOGO, Directeur exécutif adjoint de l’ABV, ce réseau est une préfiguration du comité interparlementaire prévu dans la charte de l’eau. Il doit défendre les engagements du bassin dans les lois et les budgets nationaux.». Il a insisté sur le rôle crucial des députés: contrôler, mobiliser, sensibiliser et rendre compte, afin de garantir une gestion durable et solidaire des ressources en eau.
Au nom du ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, Dr Saïd HOUNKPONOU, Directeur général de l’eau du Bénin, a ouvert officiellement les travaux. Il a rappelé la responsabilité des élus :« Nous avons, en tant qu’élus du peuple, la responsabilité d’asseoir les bases juridiques et institutionnelles solides du réseau, d’harmoniser la législation nationale et d’intégrer la question fondamentale des changements climatiques dans tous les textes liés à l’eau. »Il a souligné que la gouvernance de l’eau ne peut plus se limiter à des déclarations d’intention : elle exige des instruments juridiques clairs, des institutions fortes et une volonté politique constante pour anticiper les crises hydriques, prévenir les conflits liés aux usages de l’eau et renforcer la résilience des populations.
Durant trois jours, les parlementaires, experts et cadres du secteur de l’eau ont travaillé à : Consolider le réseau par l’adoption des textes fondateurs et l’élection d’un bureau, renforcer leurs capacités techniques et juridiques sur l’eau partagée, la sécurité hydrique et le financement climatique, harmoniser les législations nationales et intégrer les enjeux du climat dans les politiques de l’eau, promouvoir la coopération régionale, en lien avec les engagements internationaux pris à New York (2023) et N’Djamena (2026).
Un pas vers l’avenir
Grâce au GWP-AO, e projet REWarD et la création de ce réseau parlementaire ouvrent la voie à une diplomatie de l’eau renforcée, où les élus des six pays riverains deviennent les acteurs clés d’une gestion durable et solidaire du fleuve Volta.
Satisfait des résultats de l’atelier, le SE Amadou Lamine N’DIAYE déclare :« Une eau bien conservée, bien gouvernée et bien partagée peut devenir la source la plus puissante de coopération, de paix et de prospérité commune ».
Assiba Juliette .

